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22/08/2017

M.P.

« Au resto, Ruth me raconta qu’elle avait commencé à se sentir vieille et à tourner en rond, raison pour laquelle elle avait adhéré à un groupe de soutien. The Merry Pranksters (Les Joyeuses Farceuses) ou M.P., qui correspondait en fait à Meno Pause. Ruth prononçait toujours comme si c’était deux mots. L’objectif du groupe était de mettre du piment dans la vie de ces femmes. On se concentrait sur un seul membre à la fois. La dernière avait été Hannah. Le groupe l’avait convaincue d’aller aux réunions Weight Watchers, au Spa de Rancho del Sol, de prendre des cours de bossa nova, puis de s’offrir une liposuccion et un lifting. Elle avait une mine superbe mais se retrouvait dans deux groupes désormais. L’un pour les femmes qui ont subi un lifting mais sont quand même déprimées, l’autre pour les « Femmes Qui Aiment Trop ». […]

Lucia Berlin,
Manuel à l'usage des femmes de ménage,
Éd. Grasset, 2017, p. 359-360.

Les lectures de Roberte Roberte.

08:46 Publié dans Blog, Lecture, Vieilles peaux | Lien permanent

13/08/2017

OCTAVES

"Les voix féminines grimpent toujours de deux octaves quand elles s'adressent à leur femme de ménage ou aux chats. "

Lucia Berlin,
Manuel à l'usage des femmes de ménage,
Éd. Grasset, 2017, p. 61.

Les lectures de Roberte Roberte.

09:55 Publié dans Art ménager, Blog, Lecture | Lien permanent

13/05/2017

Nathalie SARRAUTE - Avant-garde

« […] Mes enfants vous le diraient. Je crois toujours que tout est perfectible, y compris les êtres – et les livres. Avec eux – les enfants – j’étais une mère insupportable à cause de ça, et avec eux, les livres, je ne peux pas les relire, car j’aurais envie de les refaire. Il n’y a que le visage, hélas, qui ne se refasse pas. Depuis trente-sept ans, j’avais une glace épatante, où mon image ne changeait pas, parce que ma vue baissait à mesure que j’avançais en âge. Nous étions très contentes l’une de l’autre. Et puis on m’a obligée à porter des verres de contact, et je me suis vue, ce qui s’appelle vue. Une vieille horreur ! Ce n’est pas moi, ce ne peut pas être moi. C’est comme les photos : toujours trop belles ou trop épouvantables, jamais moi. »
Avec ses partenaires des Éditions de Minuit, donc, les rivalités n’ont pas tardé, ni les vacheries en douce. Ainsi, à une réunion sorbonnarde sur Joyce présidée par Butor, celui-ci se débrouille pour parler de Nathalie Sarraute, grand écrivain « qui pourrait être ma mère et n’a pas hésité à se joindre à nous », etc. Pendant toute la séance, elle médite hors d’elle, pour déclarer à la fin qu’elle est fière de pouvoir être la mère de Butor, « car il est évidemment plus honorable d’appartenir à l’avant-garde avec ses fils qu’avec ses parents ».

Mathieu Galey,
Journal intégral, 1953-1986,
Éd. Robert Laffont, Coll. Bouquins,
p. 638, Mardi de Pâques 1982.

Les lectures de Roberte Roberte.

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