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13/10/2020

YOGA

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© photo Anna Livia, Paris 10e, 18 octobre 2018.
(Rediffusion.)

« La jeune femme fait maintenant une posture appelée adomukhavrikhsana. Pas très difficile, cette posture, à partir du moment où l'on a l'habitude de se tenir la tête en bas. Elle pose ses mains à plat près du mur et lance une jambe, puis l'autre, en l'air contre le mur. Elle fait ça sans préparation, dans un seul mouvement, comme une qui quand elle voit le mur et qu'elle a le cœur en fête, hop, lance les jambes en l'air avec légèreté, avec insouciance, comme on danse. Sa robe d'été retombe en corolle, découvrant son ventre bronzé. Elle détache maintenant ses pieds du mur et pointe les orteils vers le ciel. Elle a les pieds en l'air, la tête en bas, ça n'avantage personne d'avoir la tête en bas parce que le sang descend et congestionne le visage, mais elle non, son visage renversé est frais, joyeux. »

in Emmanuel Carrère, Yoga, P.O.L,
2020, pp. 391-392.

Les lectures de Roberte Roberte.

(L'exercice, toutefois, n'est pas recommandé à tout le monde.)

 

10/10/2020

VIEUX

« […] Mais l'homme sage ne se préoccupe pas de l'inévitable. J'accepterais le risque de l'immortalité si on me l'offrait, mais je ne me soucie pas de ma mort, impossible d'y échapper. En vieillissant, on est obligé d'y penser un peu plus car elle s'approche, jour après jour. Il arrive un moment où vous constatez que les gens sont surpris de vous voir encore vivant, où vous savez que si vous plantez un arbre dans votre jardin, vous ne vivrez pas assez longtemps pour vous abriter sous ses branches. Ou que si vous achetez une bouteille de bordeaux avec l'intention de la laisser vieillir dans une cave, vous mourrez avant qu'elle ne soit buvable. J'ai atteint cette étape où la formule "je ne serai pas là pour le voir" n'est pas vide de sens, on sait que c'est après-demain. […] »

 

Leonard Woolf,
Ma vie avec Virginia,
Éd. Les Belles Lettres, 2017,p. 134.

Les lectures de Roberte Roberte.
(Rediffusion)

10:48 Publié dans Blog, Lecture, Vieilles peaux | Lien permanent

08/10/2020

VIEILLES et VIEUX

« On est passé d'une société de transmission à une société de consommation. Aujourd'hui, ce qu'on nomme le savoir n'a plus guère de sens. Les vieux sont considérés comme n'ayant plus rien à communiquer aux jeunes générations. D'où ce sentiment qu'ils sont "périssables", désemployés d'eux-mêmes, réduits à ce qu'ils sont, ni même à ce qu'ils étaient, mais à une seule et même catégorie : la classe d'âge. »

 

Laure Adler, La voyageuse de nuit,
Éd. Grasset, 2020, p. 41.

Les lectures de Roberte Roberte.

19:17 Publié dans Blog, Lecture, Vieilles peaux | Lien permanent