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24/08/2018

COTERIE INTERNATIONALE

Vu hier, sur Arte, "La Ruée vers l'art", documentaire 2013 de Marianne Lamour.

 

Bien sûr, il y est question des montants faramineux des prix des oeuvres d'artistes souvent découverts, peut-être inspirés, sûrement stimulés puis mis en scène par leurs collectionneurs-mêmes. Les foires ressemblent plus au Bal des vampires qu'à la munificence viscontienne. L'internationalisation de cet art super fait grimper la tension des super-capitalistes qui voient dans ce type d'investissement un moyen de protéger leurs super-fortunes et de commercer dans leur monde avec la compétition pour enjeu majeur.

On imagine que de tels collectionneurs ont déjà prévu de rester, au-delà de la mort, au milieu des oeuvres qu'ils ont tant aimées, là où ils les ont installées. Le problème est certainement de choisir quel artiste reconnaissant sera chargé de l'ultime transformation : ça craint.

On imagine aussi, avec un certain plaisir, qu'un jeune homme fasciné s'arrange pour être convié à toutes les agapes qui accompagnent forcément les manifestations artistiques de renom. Ce jeune homme diffusera sur la Toile le livre où seront décrits avec une certaine ironie, les coutumes et le snobisme d'une société dépassée, ruinée par l'entretien de collections à date de consommation limitée.

Ne pas rire ("Vous n'y comprenez rien !") mais admirer plutôt cette admirable, inextinguible – et désintéressée Foi en l'Art.

© Roberte Roberte.

13/06/2018

COÛT DE VIEUX

« Le haut-commissaire à la réforme des retraites envisage la suspension des retraites de réversion. Il s'agit de la partie de la retraite du conjoint décédé qui est reversée à sa veuve ou à son veuf. Aujourd'hui 3,8 millions de personnes en bénéficient. Ce sont des femmes à 89 %. Cette pension représente 33 milliards d'euros.

Le gouvernement veut réviser ce système : les femmes travaillant plus qu'avant, les différences de retraite avec les hommes diminuent. »

Site France 2
20 heures du 11/06/2018.

 

Mais les différences de salaires persistent : à poste équivalent, une femme touchera aujourd'hui 9 % de moins qu'un homme. Tous postes confondus, l'écart est de moins 24 %. Étant donné que la situation n'évolue guère, un certain nombre veuves devront se résigner à travailler jusqu'à cent ans et au-delà, si toutefois elles sont recrutées.

Certes, ce ne serait que justice par rapport à ceux qui n'ont pas opté pour les liens du mariage et par conséquent, n'attendent rien.

Et ce ne serait qu'injustice pour les générations de femmes qui exercèrent avec dévouement et pendant des années une profession clandestine auprès de leur conjoint. Ou simplement pour celles qui jonglèrent entre temps partiel minable, mal rémunéré et éducation des enfants. Ou pour celles qui choisirent en leur temps "la tradition" et restèrent au foyer : les EHPAD, sans doute, en sont peuplés.

D'ailleurs, qui paiera l'EHPAD ?


Pour conclure, il paraît intéressant de noter qu'en 1960, 320 000 mariages ont été enregistrés en France. En 2017 : 228 000.
Compte tenu de la régression de l'intérêt des citoyen(ne)s pour ce type d'engagement, l'État devrait renoncer à ce projet court termiste qui relève de la chasse aux anciens. 

RadicÔlibres.

12/12/2017

FOULE SENTIMENTALE

Un retour fugitif au lointain passé : un camp d'ados en Dordogne dans les années soixante. Quelqu'un avait écrit sur un mur du foyer : "jaunisse à l'idée".

Mais quelle magnifique improvisation, ce samedi 9 décembre ! Belle cérémonie ! Les fan.e.s étaient touchants et si je n'ai pas quelque chose de Johnny, j'ai quelque chose d'autres chanteur.se.s : il m'arrive de constater en bien des occasions gaies ou tristes, que la chanson appropriée vient silencieusement m'amuser ou me soutenir.

Évidemment, et certains le déplorent, le héros n'est plus ce qu'il était. Parle-t-on : 1. d'un Demi-dieu (mythologie) ? 2. Du personnage principal d'une oeuvre de fiction ? 3. D'une personne qui se distingue par ses actions éclatantes, son courage face au danger ? En l'occurrence, je choisirais l'une des deux premières hypothèses. Ou les deux.

Samedi, il s'agissait d'exprimer le deuil d'un long compagnonnage que tant d'individus partageaient. Cela fera le bonheur des sociologues.

De tout ce que j'ai pu lire sur l'événement, un texte m'a enchantée. Celui de Daniel Schneidermann : "Lourd comme un cheval mort"*. Réjouissante réminiscence d'un doute.

*Libération, n° 11367, lundi 11 décembre 2017, p. 25.

© Roberte Roberte.