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20/09/2017

LES DENTIERS NE FLOTTENT PAS

« [...]

L’église pentecôtiste d’Elim, Blackburn Road, Accrington, a été le centre de ma vie pendant seize ans. Elle n’avait pas de bancs, ni d’autel, de nef, de chœur, de vitraux, de bougies, ni d’orgue.

Elle avait des chaises pliantes en bois, une chaire tout en longueur et pas très haute – plus comme pour une scène que l’habituelle loge sur pilotis –, un piano comme ceux qu’on trouve dans les pubs et des fonts baptismaux.

On remplissait ces derniers d’eau à l’occasion des baptêmes. De même que Jésus avait baptisé ses disciples dans le Jourdain, nous aussi nous pratiquions l’immersion complète des croyants dans un bassin profond dont l’eau devait être chauffée lentement dès la veille de l’office.

On tendait une petite boîte aux futurs baptisés pour qu’ils y placent leur dentier et leurs lunettes. Elle ne servait que pour les lunettes jusqu’au jour où Mrs Smalley a ouvert la bouche sous l’eau pour louer le Seigneur et a perdu son dentier du haut. Le pasteur ne savait pas nager, c’est donc un membre de la congrégation qui a dû plonger pour aller le récupérer – nous avons entamé un : « Je vous ferai pêcheurs d’hommes »  en guise d’encouragement, mais par la suite, nous nous sommes dit que si perdre un dentier était de la malchance, en perdre deux ressemblerait à de la négligence. Après cet épisode, les baptêmes ont été conférés sans dentier, si dentier il y avait – ce qui était le cas pour la plupart des gens. »

Jeanette Winterson,
Pourquoi être heureux quand
on peut être normal ?
Chap. 6, "L'Église", pp. 83-84.
Éditions de l'Olivier, mai 2012.
Traduit de l'anglais par Céline Leroy.

Les lectures de Roberte Roberte. Déjà diffusé en mais 2012.

08/09/2017

VIEILLES PEAUX

« […] Malgré moi, je regardais et j’étudiais ces visages ravagés par la vieillesse, que ma grand-mère trouvait encore beaux par habitude, et qui me paraissaient d’autant plus affreux que je les entendais vanter dans le passé. J’analysais les expressions de physionomie, les attitudes, les manières, le vide des paroles oiseuses, la lenteur des mouvements, les infirmités, les perruques, les verrues, l’embonpoint désordonné, la maigreur cadavéreuse, toutes ces laideurs, toutes ces tristesses de la vieillesse qui choquent quand elles ne sont pas supportées avec bonhomie et simplicité. […] »

George Sand, Histoire de ma vie I,
Éd. GF Flammarion, 2007, p. 298.

Les lectures de Roberte Roberte.

 

09:06 Publié dans Blog, Lecture, Vieilles peaux | Lien permanent

01/09/2017

LE LIFTING DE TROP

P1050005.jpg

© photo Anna Livia, Paris 19e, 23 février 2014.
(Rediffusion).