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12/12/2019

"QUAND C'EST POSSIBLE"

RÉFORME DES RETRAITES :

« De son côté, le patron du Medef (Mouvement des entreprises de France), Geoffroy Roux de Bézieux, a au contraire salué "un bon équilibre entre une réforme qui est redistributive" et le fait "qu'il faut, quand c'est possible, qu'on travaille plus longtemps". »

in Le Monde, Internet, 11 et 12 décembre 2019.

 

Remarque plutôt plaisante quand on sait que les recruteurs (donc les employeurs) considèrent que les candidat(e)s sont vieux dès l'âge de 45 ans. Les mêmes employeurs se débarrassent de leurs employés les plus anciens qui, du point de vue "qualité/prix" ne sont plus ce qu'ils étaient.

Les lectures de Roberte Roberte.

01/05/2019

FÊTE DU TRAVAIL*

Muguet 2015.jpg

© RadicÔlibres production.

 (Rediffusion.)

*Contrairement à ce qu'annonce le calendrier, le 1er mai n'est pas la "Fête du Travail", expression désuète et très connotée Maréchal P. mais la Journée internationale de solidarité des travailleurs.

 

02/03/2019

L'HORREUR ÉCONOMIQUE

« Les privations subies aujourd’hui par des individus en nombre considérable et qui va grandissant, risquent de n’être que des préalables au rejet (qui peut devenir radical) de ceux qui les endurent ; elles n’ont pas vocation à s’affaiblir et à décroître, comme le prétendent sans conviction les discours politiques énoncés et non agis, mais à affaiblir davantage et au moins écarter ceux qui en sont les proies. Le discours économique (agi, lui, mais non énoncé) va dans ce sens : les masses sont ici de vagues abstractions et l’on ne se soucie guère des disparités, si ce n’est pour gérer au plus bas les quelques faibles acquis des éléments les plus fragiles, bientôt exclus, autrement dit inclus plus avant dans la dépossession.
S’il n’y a plus grand place et si ce peu de place va rétrécissant du fait que le travail disparaît – un travail sur lequel pourtant la société se fonde encore et dont dépend toujours la survie des vivants –, cette disparition ne gêne en rien les vrais pouvoirs, ceux de l’économie de marché. Mais la misère causée par cette disparition n’est pas non plus leur but. Ils la rencontrent plutôt comme un inconvénient placé sur leur chemin et dont, tant qu’à faire, on peut tirer parti – on sait que la misère profite souvent au profit. Ce qui leur importe et laisse dans l’ombre tous autres phénomènes, ce sont les masses monétaires, les jeux financiers – ces spéculations, ces transactions inédites, ces flux impalpables, cette réalité virtuelle, aujourd’hui plus influente qu’aucune.
Or, force est de constater que, de leur part, ce n’est là que raison. Cette conjoncture et ces phénomènes correspondent absolument à leur vocation, à leurs devoirs professionnels et même à leur sens de l’éthique. Et puis, la passion si grisante, si humaine, trop humaine, du pouvoir et du gain trouve ici à la fois ses sources et les territoires où s’exalter, irrésistible, dévorante et dévoratrice. Ceux qui participent de cette puissance trouvent dans ce contexte leurs rôles naturels. Le drame tient surtout à ce que les autres rôles gisent abandonnés.
Une longue histoire, très longue et très patiente, souterraine et secrète, menée dans l’ombre, a dû provoquer l’abandon de ces rôles. Démissions qui ont facilité l’hégémonie d’une économie privée devenue anonyme et que des fusions massives, à l’échelle planétaire, ont regroupée en réseaux enchevêtrés, inextricables mais si mobiles, d’une ubiquité telle qu’ils ne sont guère repérables, échappant ainsi à tout ce qui pourrait les contraindre, les surveiller ou même les observer. »

Viviane Forrester, L’horreur économique, Fayard, septembre 1996, pp. 38-39.

(Rediffusion)

Les lectures de Roberte Roberte.