12/10/2019
NOBODY'S PERFECT
En Chine, le système du "Crédit social" est à l'essai dans plusieurs villes-test criblées de caméras qui enregistrent les passants dans le détail et permettent de les identifier.
Chaque citoyen (mais est-il encore un citoyen ?) se voit accorder une note de 1000 points. Selon son comportement, il perdra des points ou il en gagnera. L'objectif est, bien entendu, d'aider le peuple à s'améliorer. Vous en voyez un autre (objectif) ?
Comment perdre des points :
être endetté, négligent (rouler trop vite, jeter un papier dans l'espace public...), réactif (protester trop énergiquement quand on est expulsé de son domicile du fait de travaux impulsés par l'État).
Moins de 1000 points, ça craint : outre des vexations et interdictions (prendre l'avion, posséder une voiture...) il est évident que la banque vous refusera tout prêt. Certains membres "ingrats" de la population voient même leur portrait affiché dans l'espace public − les voici humiliés et désignés à la vindicte populaire.
Comment gagner des points :
être bon et secourable. Être naturellement au service de l'État et dénoncer les délinquants.
Selon le nombre de points, on peut aussi faire partie du "Parti" ou en être exclu.
Je me demande si les dirigeants bénéficient du même procédé pour devenir meilleurs ?
Vu sur France 2, Envoyé spécial,
10/10/2019.
Roberte Roberte regarde la télé.
12:46 Publié dans Blog, Politique, RadicÔlibres productions, Religion, Télévision | Lien permanent
08/10/2019
CHRONOS
Brocardés, marginalisés, oubliés et parfois enfermés,
les vieux (et surtout les vieilles)
se gardent autant que possible de mourir
pour regarder les jeunes vieillir.
© Roberte Roberte.
(Rediffusion.)
19:24 Publié dans Blog, RadicÔlibres productions, Vieilles peaux | Lien permanent
05/10/2019
AH AH LA DACTYLO !
@La Dactylo, on l'aime beaucoup chez RadicÔlibres. Elle n'hésite pas à manier le pochoir sur les murs et les trottoirs de Paris. Une audace réconfortante quand d'autres se réfugient prudemment dans le virtuel. Cette attitude désinvolte et provocatrice également contenue dans la désuétude ironique de l'identité qu'elle affiche, nous réjouit. Les mots ne salissent pas toujours les rues (la publicité s'en charge) : ce sont souvent pour les passants des rencontres inattendues à méditer.
Ah Ah la dactylo ! Il n'y a jamais eu de grande dactylo. Du temps qu'elle existait, si elle était jeune, on disait "la petite dactylo", si elle entamait la maturité et après, on disait "la dactylo". Il fallait taper vite et les yeux fermés sur du matériel aux touches rétives. Le ruban rouge et noir sautait fréquemment de son logement. Il était difficile à remettre, la dactylo se trouvait toute bête, elle avait les mains rouges et noires, elle s'énervait car son temps était minuté, elle finissait par salir le travail qu'elle avait entamé et devait recommencer. (Il n'y a jamais eu de grande dactylo). La plupart du temps, le texte était commandé en plusieurs exemplaires. Le papier pelure utilisé était ultra-mince, de couleurs diverses, une par service concerné. On intercalait une feuille de carbone entre chaque exemplaire (catastrophe si l'étourdie plaçait l'ensemble à l'envers) ! Si faute de frappe, il convenait de gommer chaque page, le papier pelure trouait facilement...
Après avoir enfin soumis l'original à la signature du Chef, la dactylo répartissait les doubles entre les destinataires. Pour une liasse importante autant dire que celui qui recevait la dernière pelure (illisible) n'était pas placé très haut dans la hiérarchie. Il y avait beaucoup d'emplois de bureau à l'époque : on produisait du rangement.
La vieille dactylo regarde avec tendresse l'antique machine mais elle la regarde seulement. Au fil du temps, elle a été confrontée à tant de claviers puis à tant de claviers et d'écrans. Elle se souvient de la première fois où elle a s'est trouvée devant un clavier électrique abordé avec sa brutalité de dactylo primitive : chaque lettre tapée était multipliée. Panique.
La vieille dactylo pense qu'il faut garder la vieille machine, bel objet en effet sur une étagère Ikea. Mais pas seulement pour cela. La vieille machine a fait ses preuves au fond des caves en des temps obscurs. Eh si, il y eut de grandes et héroïques dactylos ! Et cette vieille machine qui n'est reliée à aucun cordon espion, cette vieille machine indépendante, n'a peut-être pas dit son dernier mot.
© Roberte Roberte.
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