07/12/2019
SOLIDARITÉ
Ce samedi bien gris à Paris, Gare de l'Est, j'attends un train qui ne m'attend peut-être pas. En attendant, donc, je vais fumer une cigarette dehors où quelques personnes espèrent un taxi. Deux dames d'abord, la première prend le premier (taxi). L'autre, une vieille au bonnet enfoncé jusqu'aux sourcils (ou jusqu'aux yeux) ne voit pas qu'elle se fait doubler sur la droite par deux hommes qui prennent le deuxième (taxi). Surgissent sur sa gauche trois "voyageurs" : manifestement, ils descendent d'un train (ça arrive). Ils se concertent et s'aperçoivent qu'ils vont tous à Montparnasse. Sans s'occuper de la vieille, ils se précipitent sur le troisième (taxi). Le gros chauffeur s'extirpe de l'habitacle, il veut bien transporter les trois voyageurs jusqu'à Montparnasse mais chacun doit payer... 40 euros : "C'est ainsi les jours de Gilets jaunes", argumente-t-il. Les trois hommes reculent, effarés. La vieille demande au gros chauffeur "si c'est de l'humour ?" Dépité et en colère, il reprend le volant et disparaît. Un nouveau taxi arrive, les trois récents compagnons s'en emparent au nez de la vieille qui suffoque. Je ne décrirai pas le geste qu'elle fait quand ils filent, heureux, devant elle (quand même, on ne s'attend pas à ça d'une vieille). Finalement, elle s'en va : à pied.
© Roberte Roberte.
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06/12/2019
NOVEMBRE 2019 en bref
Titres extraits du Monde
et de Libération,
1er au 30 novembre 2019.
© Mise en page RadicÔlibres.
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05/11/2019
FACHIALE
On en parlait dans le présent blog le 12 octobre, cela s'appelait "Nobody's perfect" et se passait en Chine.
Bientôt, "la reconnaissance faciale" va s'installer en France au prétexte de la sécurité des citoyens. Certes, dans un premier temps, les dits-citoyens ne seront pas punis parce qu'ils ont étourdiment laissé tomber un papier par terre.
On constate que ce qui fait que chacun est ce qu'il est lui est peu à peu prélevé. D'abord, il y a eu les réseaux sociaux. La vieille parle de la liberté sérieusement écornée, de l'espionnage constant. Les jeunes répondent : "On n'a rien à cacher". Les réseauteurs sont cernés par la pub. "Oui mais ce n'est pas menaçant, la pub".
Bientôt les passants dont les visages seront constamment cadrés en pointillés diront : "C'est pour ma sécurité, alors..." Parce qu'ils n'auront même pas conscience de ce qu'ils ont perdu. Parce qu'ils ne sauront même plus ce que liberté veut dire. Dépouillés, "Mais de quoi ?" interrogeront-ils.
Une immense bibliothèque numérique permettra de retrouver une petite remarque acerbe à l'égard du monstre froid désormais au pouvoir, rédigée trente ans plus tôt dans un quelconque réseau social. Cela ne restera pas sans suite.
Les dictateurs, informés comme jamais, manipuleront en riant et sans difficulté des marionnettes aux fils invisibles mais réels.
©Roberte Roberte.
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