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22/09/2018

LES TEMPS QUI COURENT

« […] C'est en connectant la question de la technologie à celle de la vitesse, que Virilio montre comment le destin de l'humanité se trouve de plus en plus lié à la logique belliqueuse du progrès techno-scientifique qui, le plus souvent − au nom de l'"expansion" et de la conquête de l'hégémonie entre Etats ou grands cartels économico-industriels aujourd'hui plus forts que les Etats −, prend l'aspect d'une vraie violence militaire, ou bien d'une guerre sans armes apparentes qui, au nom cette fois de la "primauté" technique, condamne chacun à "suivre" un mouvement de "progrès" qui n'a d'autre finalité que d'être "rapide" et de rendre obsolète "tout ce qu'il y avait avant". Cette "course" à laquelle chacun, par des techniques massives d'advertising, de "notifications" et de persuasion communicationnelle, est sommé de participer, et dont nul ne sait vers quelle arrivée elle se dirige, touche également la sphère politique, laquelle, ne pouvant influer sur la vitesse des métamorphoses technologiques, ne fait que les suivre, cède autrement dit sa souveraineté devant le pouvoir des mégagroupes de l'information et de la communication, et se sépare ainsi des (ou devient étrangère aux) pratiques et des intérêts des citoyens. […] »

Extrait de l'édito de Robert Maggiori,
"Paul Virilio, premier sur la vitesse",
in Libération n° 11604,
mercredi 19 septembre 2018, p. 6.

Paul Virilio (°04/01/1932 - †10/09/2018), Urbaniste et essayiste français.

Les lectures de Roberte Roberte.

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