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03/05/2017

CARABOSSE

« Avec ma mère, coiffée d’un invraisemblable chapeau fleuri tout pailleté, incongru sous cette pluie torrentielle, mariage de Jean-Luc J.
Baisemains, félicitations, petits fours, l’habituel ghetto du 16e se pavane au complet. Mais c’est la séculaire Mme D., grand-mère du nouvel époux, qui sera la star du lunch. Tassée sur son fauteuil, dans un petit salon, la momie propose un sourire flambant neuf, le chef surmonté d’un galurin noir immense, un boa autour des épaules, et vous contemple de ses yeux d’insecte embusqués derrière des loupes. Le nez touche presque le menton qu’elle soutient d’une mimine décharnée, tordue par les rhumatismes. La fée Carabosse à la noce de son petit-fils, contente comme tout, volubile, et grand air. De loin, nous restons un moment à observer le fossile et ma mère me confiera plus tard : « En la regardant, je me disais : Tiens ! on a oublié de me prévenir qu’elle était morte !... »

Mathieu Galey,
Journal intégral, 1953-1986,
Éd. Robert Laffont, Coll. Bouquins,
p. 101, 26 février 1957.

Les lectures de Roberte Roberte.

08:57 Publié dans Blog, Lecture, Vieilles peaux | Lien permanent

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