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09/02/2014

FLORE DE CRISE EN THÈME

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© photo ALP, Immeuble de Libération, Paris 3e, 11 novembre 2006. 

 

 

Libération a souvent rendu compte des stratégies économiques aboutissant (au mieux) à des pertes sur les salaires, au pire à des préretraites imposées, des licenciements, du chômage et des formations stériles… Le plus souvent les entreprises concernées n’étaient pas déficitaires mais leurs dirigeants allaient ailleurs trouver une main-d’œuvre moins coûteuse et plus souple.

Libération, donc, se trouve aujourd’hui dans cette situation sauf que si l’on en croit l’un de ses actionnaires (Bruno Ledoux) : « Actuellement, un euro investi dans Libé est un euro perdu »1.

Les actionnaires (parmi lesquels Bruno Ledoux, précité, est propriétaire du siège du journal) et la direction proposent de transformer ce lieu en « espace culturel »* et d’envoyer l’équipe du journal travailler dans un autre immeuble après qu’elle ait fait les sacrifices nécessaires (et spontanés) à sa rentabilité. Évidemment, il ne s’agit pas de « délocalisation » mais pourquoi pas de « marginalisation » ?

 

Le Monde daté du 10 février communique les informations suivantes relatives à la situation de Libération :

« Année de création 1973

Équipe 290 salariés.

Diffusion 101 616 exemplaires en moyenne en 2013
(- 14,91 % par rapport à 2012).

Pertes 1 à 1,5 millions d’euros en 2013.

Endettement 6 millions d’euros.

Actionnaires principaux Bruno Ledoux (26,64 %), Edouard de Rothschild (26,64 %) et le groupe italien Ersel (22,82 %).

Directoire Nicolas Demorand, Philippe Nicolas et François Moulias. »

 

« Bruno Ledoux, […], explique qu'il veut « rendre ringards tous ces esprits étriqués et tirer un coup d'avance, un coup cash, où tout est dit, y compris le projet sur l'immeuble ». »1
Un projet immobilier ?

On savait bien que le mot « ringards » sortirait d’une façon ou d’une autre et qu’il y aurait donc « procès en archaïsme »2. Pour ce qui est de la nécessité de l’existence de la presse papier, nous vous invitons à relire l’article de Robert Maggiori conseillé par notre blog le 28 décembre 2013 :

« Le quotidien papier, une singularité, un avenir »

http://ecrans.liberation.fr/ecrans/2013/12/12/le-quotidie...

 

En réalité, nous ne savons pas grand-chose du lectorat de Libération. Notons toutefois que mépriser les journalistes c’est aussi mépriser leurs lecteurs. Mais c’est peut-être également l’effacement programmé d’une génération pesante qu’il s’agit enfin de bâillonner au profit de projets funs et mieux adaptés à la société numérique. On se demande comment le journal pourra résister à l’assaut des temps qui sont déjà là. La grève des salariés pour demain lundi, est annulée : nous aurons probablement davantage d’explications.

 

Se détournera-t-on du « Flore du XXIe siècle » comme on évite St-Germain des Prés où seul règne désormais l’esprit « bling-bling » ?

 

*"Un Flore du XXIe siècle". 

  1. lefigaro.fr, Alexandre Debouté, « Libération au pied du mur », 8 et 9 février 2014.
  2. Les salariés de Libération, 9 février 2014.

 

RadicÔlibres. 

 

18:18 Publié dans Actualité, Blog, Presse | Lien permanent

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